jeudi, mai 11, 2006

Dans la perspective de Cannes, le nouveau consommateur se penche sur la Télé2.0, Bouleversement N°3 : le flux et le stock

Longtemps, le télé-spectateur était dépendant de la programmation des chaînes. Les émissions de télévision étaient, en effet, largement caractérisées par leur moment de diffusion qui signait aussi leur date de péremption. On subissait la programmation des antennes et de l'intrusion de pages de publicité. Les enregistrements sur magnétoscope ont été une première étape redonnant du pouvoir aux consommateurs : ils permettaient de conserver (en stock) une émission (un flux) mais pas de se libérer du moment de la diffusion.

Aujourd'hui, avec les DVR (et demain avec tout disque dur, doté d'une interface intelligente), on choisira par avance nos programmes préférés et on les consommera à volonté quand on le souhaitera ("time shifting"). Les consommations de contenus seront toutes différées et décalées : la notion d'audience immédiate et liée à un seul canal sera insuffisante pour saisir la diversité des usages. Face à la consommation traditionnelle de télévision, ces autres modes "à la carte" vont capter une part significative de l'audience. Une part simplement car la télévision est aussi un fait social. Ce qu'on regarde en même temps que d'autres contribue à accroître son intérêt, dans une forme de "communion cathodique".

Les enjeux que cela soulève : le métier d'une chaîne qui était celui d'un programmateur se rapproche progressivement de celui d'un bibliothécaire, où plus exactement d'un libraire. L'actualité "live" ne sera plus la panacée : toute la force d'une chaîne sera alors de constituer une base (exhaustive? exclusive?) de contenus et de l'animer. La part des revenus publicitaires liée à l'audience va diminuer, au profit de "placements" financés pour les annonceurs (je ne parle pas ici des impacts pour les annonceurs, mais quand on sait que, pour certaines industries, le "tout télé" est la règle des investissements media pour pousser ses ventes, de larges mutations vont être nécessaires et avoir lieu non sans heurts). En complément, les consommateurs pourront eux-mêmes payer la télé qu'ils enregistrent, sous la forme de pay tv traditionnelle ou sous de nouveaux formats. Les "smart subscriptions" sont des pistes intéressantes : le fait de choisir est un acte engageant pour le spectateur (en complexité, en énergie) ; pour profiter d'une consommation passive et intelligente, on pourra se composer un profil et la chaîne nous proposera une programmation dédiée répondant à nos attentes (sorte de smart S-VOD).

Quelques exemples : Tivo, BlinkxTv, Noos Digital Box

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